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L’invitation de mariage

Une invitation de mariage envoyée par Vincent, un de mes cousin anglais, et me voilà début Octobre  dans un covoiturage qui me mène à Rouen. Là-bas, il y a une impressionnante cathédrale et surtout la voiture familiale qui m’attend, chargée d’un tas de sacs, de babioles, de mes parents et de l’un de mes grands frères. Nous roulons de nuit en pleine campagne et le temps ne présage rien de bon. Des éclairs commencent à éclater ici et là puis un véritable déluge s’abat sur le pare-brise. L’arrivée à Dieppe prend plus de temps que prévu. Il nous reste maintenant 5h à tuer avant de prendre le ferry de 4h du matin. Je me dégourdis les jambes au-dessus de l’eau dans un noir des plus opaques. Seul le bruit du roulement des vagues sur les galets me rappelle que je suis à la mer. Derrière moi il y a une esplanade, un cirque et des chevaux sur l’herbe. Même eux semblent endormis. J’essaye désespérément de fermer l’œil, allongé sur le siège arrière de la voiture, mes jambes dépassant par la fenêtre. Le froid me transperce. Je remonte ma couverture Boule et Bill que mes parents m’ont gracieusement prêté.

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Le bateau est à l’heure. Les voitures s’entassent désormais en rang d’oignon, les mines des conducteurs rivalisent avec celles des insomniaques. A l’intérieur du ferry, plus de machines à sous comme dans mes souvenirs d’enfant. Après m’être quelque peu assoupi à côté de mon frère, je sors sur le pont. Le soleil qui se lève sur cette mer froide est d’une beauté implacable. A l’horizon j’aperçois les phares de Newhaven et ses innombrables maisons colorées.

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Direction Brighton ! Mon frère n’a jamais roulé à gauche. Nous avançons dans le bruit incessant des klaxons de conducteurs exaspérés. De chaque côté, des moutons nous regardent intrigués en broutant l’herbe des pâturages. Nous cherchons désespérément une place pour nous arrêter et finissons contre notre gré dans un parking hors de prix. La jetée ressemble à celle de BlackPool où je m’étais rendu avec ma mère plus de 20 ans auparavant. Il y a une grande roue et d’innombrables jeux qui clignotent de partout, véritables pompes à fric animées par la joie et la musique. La ville est à la fois décalée et attractive. Nous traînons dans un parc, écoutons de la musique en longeant le Royal Pavilion, impressionnante demeure au style anglo-indien. Après un premier English Breakfast, nous repartons déambuler dans ces rues jonchées de petits cafés cosy, de salles de concerts, de friperies, de disquaires et de jeunes gens lookés à la Pete Doherty.

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L’heure tourne, le prix pour le stationnement aussi. Il est temps de partir pour Oxford. Après d’impensables embouteillages, nous posons enfin nos bagages à l’auberge. A l’intérieur tout est miteux, et l’odeur ambiante de sueur acide nous donne la nausée… On mange japonais pour se remonter le moral et on se perd dans cette « ville-musée » où chaque bâtiment semble tout droit d’Harry Potter . Cela fait plus de 35h que nous n’avons pas vraiment dormi. Ça tire ! Avant de nous échouer définitivement sur les matelas d’un autre âge, nous dégustons quelques bières dans le jardin bruyant d’un pub. La nuit n’en sera que meilleure. Le réveil est matinal et assez abrupte. L’English Breakfast proposé est sans doute le pire de tout le Royaume-Uni et des clients se plaignent d’une araignée tombée dans leur assiette. Ça nous fait vaguement sourire. A proximité du lieu du mariage, nous nous changeons dans un champ, drôle d’idée de mes parents pour ne pas froisser leurs habits.

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Après quelques accolades et la découverte des derniers marmots de la famille, place à la cérémonie dans une salle de l’hôtel, entourée de belles peintures de lévriers. Les discours sont à la fois amusants et émouvants. L’assemblée passe du rire aux larmes en un instant. Après une petite sieste, la suite est classique : cocktail, bonne bouffe et vins à profusion. Ce qui l’est moins c’est l’heure de clôture : 22h. Après avoir dansé comme des dératés à l’heure quasiment de l’apéro, nous nous couchons avec une vague impression de « travail non finis ». Le lendemain, le petit déjeuner sonne comme une routine : quelques toasts, des saucisses, des champignons, des baked beans… Une balade dans le charmant patelin et nous reprenons la route vers la maison de mon oncle à Bicester. Le soir venu, ma tante Maria nous sert son meilleur chili con carne et nous buvons à grosse gorgée deux bonnes bouteilles de vin.

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Je pourrais m’étendre à profusion sur la suite de l’histoire : mon bus pour Oxford, les étudiants jouant au cricket, les écoliers en uniformes, les terrains de rugby, le train ensuite direction Bristol pour rendre visite à ma cousine. Vous parlez de ces 80 jeunes résidents de cette auberge de jeunesse, de cet endroit paisible où on boit, mange local et écoute de bons concerts pour quasiment rien, de ce bus à 5 pounds pour Londres, de ma gymnastique sur le quai, de mes déambulations dans Brick Lane…Mais pour l’instant la seule chose dont j’ai vraiment envie est d’aller m’empiffrer enfin de croissants et de bonnes tartines…

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À propos de l'auteur :

Valentin Porcher
Valentin Porcher
Artistic director at OLOW Trademark

Site web : www.olow.fr