Olow x Geoffroy Pithon
Olow x Geoffroy Pithon
À travers le vêtement et le tissu, Geoffroy Pithon installe des paysages entre figuration et abstraction, inspirés d’une nature aquatique et géologique, peuplée de plantes imaginaires.
Olow x Geoffroy Pithon
Au tour de Geoffroy Pithon, artiste peintre français dont on suit le travail depuis longtemps, d’investir le terrain de jeu de notre collection printemps-été Blend Energy à travers une capsule aux accents bucoliques. Il y déploie son univers libre et coloré, invitant à une balade hors du temps. À travers le vêtement et le tissu, il installe des paysages entre figuration et abstraction, inspirés d’une nature aquatique et géologique, peuplée de plantes imaginaires.
Entre « jardinier fou » et « artisan des couleurs » selon ses propres mots, il imagine cette collab comme le vestiaire de ce personnage. Niché à La Montagne, à quelques encablures de Nantes, il ouvre les portes de sa maison / atelier, à fleur de Loire. L’occasion de revenir sur son travail et l’univers de cette collaboration qu’on est très fiers de présenter aujourd’hui.
Peux-tu te présenter en quelques mots ?
Je suis Geoffroy Pithon. Je me définis comme artiste, ça me laisse suffisamment de liberté pour naviguer entre différentes pratiques.
La peinture est mon médium principal, elle me permet d’explorer plein de formats : installations, expositions, projets… c’est hyper stimulant.
Tu as commencé comme graphiste. Comment s’est faite la transition vers l’art ?
Je ne saurais pas dire précisément quand ça a basculé. Déjà, à l’époque où je faisais des affiches avec le collectif Formes Vives, j’avais un vrai intérêt pour la question picturale. Il y avait beaucoup de place accordée à l’expérimentation en tout genre. Petit à petit, j’ai commencé à travailler à la main, à dessiner, à peindre… et ça a pris de plus en plus de place. Après dix ans dans le collectif, j’ai eu envie de m’ouvrir, de sortir du cadre de la communication visuelle pour aller vers quelque chose de plus libre, plus personnel.

Tu as appris la peinture en autodidacte, notamment en regardant des artistes comme Cy Twombly et d’autres artistes en action ?
Oui. Je n’ai pas fait les Beaux-Arts. J’ai appris en bricolant, en testant, en regardant beaucoup. Les livres, les vidéos, les artistes en train de travailler… ça m’a aidé à valider une intuition que j’avais déjà. En les regardant, ça m’a permis de progresser et de m’autoriser certaines choses. Il y a cette question de légitimité qui arrive assez vite. Regarder les autres faire m’a permis de me dire que je pouvais y aller à ma manière.
Quelles sont tes influences ?
C’est toujours difficile de faire une liste. Il y a forcément des artistes incontournables comme Matisse, Hockney, Bonnard, Sonia Delaunay ou Nathalie Du Pasquier, notamment pour leur rapport à la couleur, qui est centrale dans mon travail. Mais mes influences vont bien au-delà de la peinture. Je puise beaucoup dans la musique, le cinéma, l’écriture, le sport… C’est une forme d’accumulation qui nourrit ma pratique. J’ai d’ailleurs été musicien avant d’être artiste, et je le suis toujours. Il y a un lien très fort entre les deux, surtout dans la manière de créer. La musique est abstraite par nature, et ça m’a toujours semblé naturel de ne pas cloisonner entre figuratif et abstraction.
Tu peux nous parler de ton processus créatif ?
Je travaille principalement sur papier, et avec les peintures que je fabrique moi-même à l’atelier. Le support influence beaucoup ma manière de faire, le papier n’a pas du tout le même comportement que la toile. Ça n’a pas le même rendu ni les mêmes effets. J’utilise de l’acrylique, qui sèche très vite, ce qui me permet de travailler dans un rythme assez spontané. Je peins dans des contextes très différents, à table sur des petits formats, dans mon atelier, ou dehors sur des grands formats, parfois dans des conditions assez extrêmes. Plus qu’un processus figé, c’est une envie de peindre partout, en m’adaptant aux lieux, aux formats, aux situations. Je ne travaille pas vraiment sur des sujets précis. Je construis plutôt un langage, étape par étape. La couleur vient souvent en premier, et les formes suivent.

Tu parlais de formats différents, peux-tu nous parler du projet Botanique Murmure ?
C’est une série d’une trentaine d’aquarelles de petits formats. Je dis souvent “à la table” parce que je les travaille comme un dessinateur, ce qui me permet d’avoir une vision d’ensemble assez rapide. Habituellement, je travaille à grande échelle, donc je suis plus immergé dans la peinture sans recul immédiat, la tête dedans. Là, au contraire, je vois les compositions apparaître plus directement. Même si je parle d’aquarelle, la technique est un peu détournée. Je ne travaille pas avec le même papier, j’ai moins l’effet aqueux, en fait j’utilise les cubes d’aquarelle comme des gouaches, ce qui me permet d’avoir plus de matière et de précision. C’est aussi une technique pratique pour des projets reproductibles, notamment en vue de scans ou d’impressions, tout en conservant beaucoup de détails. On peut retrouver beaucoup de traces de crayons qui auraient tendance à plus se perdre dans mon travail de grands formats. C’est un peu comme ça que j’ai travaillé une des chemises de la collab. L’imprimé vient d’une aquarelle.

D’ailleurs, tu pourrais nous raconter la genèse de certaines pièces ou motifs de la collab ?
Dans mon travail, le seul élément un peu figuratif, c’est le végétal. Mais je ne cherche pas à représenter des plantes réelles. Ce sont plutôt des formes qui les évoquent, des tiges, des branches, des choses qui peuvent rappeler des pétales ou des arbres. Ce n’est pas un sujet en soi, c’est plutôt une porte d’entrée vers l’abstraction. Le végétal a quelque chose d’infini, il me permet de construire des images libres, sans perdre totalement le regard. Pour moi, cet univers englobe beaucoup plus que les plantes. Ça peut être des paysages, des fonds marins, des formes organiques… Ce n’est pas forcément quelque chose de tangible, c’est plus une sensation. Par moments, on croit reconnaître des éléments, justement grâce aux tiges, aux rythmes qu’elles créent. Les pétales, les feuilles amènent des aplats, des croisements de formes. La nature reste un terrain de jeu très généreux, dans la manière dont on peut l’interpréter. Tout ça vient de souvenirs, de choses vues, vécues, transformées. Rien ne sort vraiment de nulle part. Je suis très marqué par ce qui m’entoure. Dans la collection, on retrouve forcément un peu de ce flux. Je ne pars pas d’une inspiration précise. C’est plutôt un moment donné dans mon parcours, dans mon travail, et la collaboration vient s’inscrire là-dedans.
Chez OLOW, il y a aussi une vraie place pour le dessin. Je suis allé dans ce sens, même si ce n’est pas ma pratique principale. Il y a aussi l’écriture, que j’utilise beaucoup dans mon travail.
J’écris à la main, surtout pour la forme des lettres, presque comme un dessin. Le sens reste important, mais c’est d’abord une question de rythme et de geste.
Je vois ça comme une extension du dessin, une autre manière de faire apparaître des formes.
Comment as-tu trouvé l’équilibre entre ton univers et celui d’OLOW ?
Dans mon travail, le seul élément un peu figuratif, c’est le végétal. Mais je ne cherche pas à représenter des plantes réelles. Ce sont plutôt des formes qui les évoquent, des tiges, des branches, des choses qui peuvent rappeler des pétales ou des arbres. Ce n’est pas un sujet en soi, c’est plutôt une porte d’entrée vers l’abstraction. Le végétal a quelque chose d’infini, il me permet de construire des images libres, sans perdre totalement le regard. Pour moi, cet univers englobe beaucoup plus que les plantes. Ça peut être des paysages, des fonds marins, des formes organiques… Ce n’est pas forcément quelque chose de tangible, c’est plus une sensation. Par moments, on croit reconnaître des éléments, justement grâce aux tiges, aux rythmes qu’elles créent. Les pétales, les feuilles amènent des aplats, des croisements de formes. La nature reste un terrain de jeu très généreux, dans la manière dont on peut l’interpréter. Tout ça vient de souvenirs, de choses vues, vécues, transformées. Rien ne sort vraiment de nulle part. Je suis très marqué par ce qui m’entoure. Dans la collection, on retrouve forcément un peu de ce flux. Je ne pars pas d’une inspiration précise. C’est plutôt un moment donné dans mon parcours, dans mon travail, et la collaboration vient s’inscrire là-dedans. Chez OLOW, il y a aussi une vraie place pour le dessin. Je suis allé dans ce sens, même si ce n’est pas ma pratique principale. Il y a aussi l’écriture, que j’utilise beaucoup dans mon travail. J’écris à la main, surtout pour la forme des lettres, presque comme un dessin. Le sens reste important, mais c’est d’abord une question de rythme et de geste. Je vois ça comme une extension du dessin, une autre manière de faire apparaître des formes.



Pour terminer, j’aimerais revenir sur l’ensemble de la collab, parce que certaines pièces ont été pensées du début à la fin. Tu peux nous en parler ?
Oui, et c’est ce qui est intéressant Certaines pièces sont parties de croquis que j’ai faits, puis OLOW les a designées. Ce que j’aime, c’est que ce n’est pas une transposition directe de mon travail en vêtements. C’est plutôt une manière de créer des pièces que j’aurais envie de porter. Je ne m’habille pas avec de la peinture, mais avec des choses plus simples, plus brutes. Il y a une forme d’hommage aux vêtements d’atelier, aux vêtements de travail. Avec OLOW, ça prend une autre dimension, avec des détails plus contemporains, les matières, les broderies, les poches, les cols… Un équilibre entre simplicité et attention portée au détail.

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