Départ de Paulina et Kathy.
Pour ma part, je décide d’aller à l’ouka.
Ce matin, malaise et sensation d’inconfort.
J’ai peur de prendre le bus seule, je ne me sens pas à l'aise. Au final, je me lance. Sur le chemin, Omar me prend en Mobylette et me dépose à l’arrêt de bus. C’est cool ! Je prends le minibus 25 et je m’arrête à l’ouka.
Je vais au jardin biologique, c’est 20 dirhams. J’ai raté la réservation pour la visite guidée, dommage. Ce n'est pas très intéressant, mais le chemin pour y aller me met dans l’ambiance. Les enfants me disent bonjour, deux petites filles viennent vers moi, me prennent la main et me font un bisou !
Sur la carte, je vois une rivière. Je me dirige là-bas. En effet, le lit est sec, plein de trucs en plastique et de cailloux. Déception. Un camion passe, le conducteur ouvre la portière et me lance des clémentines. Je viens d’en manger une, mais j’en ai jamais assez, je les mange.
Je remonte vers le souk. Trouve l’entrée du village. Personne, je suis la seule touriste. Des enfants m’accueillent joyeusement, et crient « 1 dirham, 1 dirham ». À la place, je leur offre ma dernière Clémentine qui vient du jardin de Karine. Je redescends et me retrouve un peu dépitée. Je crois que j’ai fait le tour et j’achète des bananes 1 kg pour 10 dirhams. Un type vient m’aider à la traduction suite à un malentendu avec le vendeur. L’affaire est réglée, je continue ma route à la recherche d’un déjeuner.
Je n’ose pas aller dans un café, paraît-il, que c’est pour les hommes ! Bref, je suis perdu. Un type me fait signe de m’asseoir. Je les ai vu à l’aller. Une table avec six ou sept vieux, qui boivent le thé. Ils m’offrent un verre, et de la soupe de fèves avec du pain, je leur donne des bananes, ils m’offrent des clémentines.
On discute. "Bienvenue, bienvenue" encore du thé ! L’échange est rigolo. Le mec qui m’a fait la traduction est aussi là, il fume un joint et m’aide pour traduire ce que les vieux me disent. 20 minutes. Après, je repars suivi par le traducteur que je remercie.
J’engage la conversation. Il me dit qu’il habite juste à côté et qu’il cultive quelques légumes. Il m’invite à faire un tour ! Il est 13 heures à peine et je ne partirai qu’à 18 heures ! Il fait partie des premières familles berbères qui sont ici. Trois familles à la base qui fonctionnaient sur le troc, en totale autonomie. Mohamed est berbère. Il a appris l’anglais et le français en faisant guide pour les touristes. Depuis, il traduit pour tout le monde.
Comme il parle plusieurs langues, il aide la police en cas de litige. Du coup, il connaît toutes les histoires, magouille, potin. Il n’est pas musulman. Il pense que Dieu est partout, dans tout et que chacun fait comme il veut. L’islam ne l’intéresse pas car il voit beaucoup de gens faire de mauvaises choses en vrai, et qui après vont à la mosquée. Ça l'écoeure. Il reproche à l’État d’utiliser la religion pour contrôler les gens. Car ici l’État et l’islam ne sont pas séparés ! Les islamistes veillent à ce que tout le monde pratique correctement. Si tu es musulman, mais que tu veux changer de confession, tu vas en prison. Donc, au pire, tu fais semblant.