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La surprise chinoise

Allongés sur un muret, au milieu d’un potager nous contemplons ce décor magique qui s’offre à nous, composé d’innombrables pains de sucre aux formes bien rondelettes. Il fait une vingtaine de degrés en ce début d’après midi du mois de février. Nous fermons les yeux, réchauffés par les rayons du soleil. Une douce musique au loin, le cri d’un coq… Défile alors dans notre mémoire lentement tout ce que nous avons vécu depuis notre arrivée en Chine.

Nous nous revoyons un peu plus de 5 semaines auparavant dans la salle d’embarquement de l’aéroport CDG à Paris avec nos bagages bien rangés, mais surtout nos appréhensions nées des on-dit, des idées reçues et de façon plus large du portrait que les médias dressent sans cesse de ce pays. Nous nous imaginions des villes tentaculaires, polluées, bruyantes et surpeuplées… Avec des gens rustres, des usines au loin fumantes, des policiers omniprésents…

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Sans dénigrer que les choses citées plus hauts existent aussi forcément, voici ce que nos yeux ont vu après avoir fait en Chine 36 heures de train, 1h30 d’avion, 39h de cars, 17h de vélo, 5h de scooter, pris de nombreux taxi et bus, et marché un nombre incalculables d’heures sur tous types de terrains.

Premières impressions ; des immeubles démesurés, presque effrayants, des concerts de klaxons, un respect du code de la route et du piéton plutôt sommaire. De la pollution qui pique un peu le nez et la gorge. Des bruits de crachats. Une consommation excessive et déraisonnée de tout et n’importe quoi. Des magasins de contrefaçons. De la viande pendue devant des gargotes. Des boutiques de luxe françaises. Des Fast food américains. Une communication quasiment impossible avec les habitants (l’anglais n’est que très rarement parlé ou compris, même pour les mots les plus basiques). Des petites villes touristiques aux allures de Disneyland, bruyantes, grouillantes de monde et de magasins à souvenirs.

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Mais ce que nous avons retenu se situe ailleurs…

Des paysages à couper le souffle composés de cascades gelées, des lacs aux multiples de couleurs, des plaines où chevaux et yaks se côtoient à merveille, des montagnes immenses, des visages noirs tannés par le soleil, des chapeaux de cowboys et habits colorés, des fanions tibétains flottants courageusement , de troupeaux de chèvres agiles, des pandas complètement pataux, des temples somptueux avec en fond le chant des moines… de cette sensation d’être au bout du monde… Nous avons eu aussi le sentiment de vivre tout de suite quelque chose de spécial, peut-être parce que tout d’un coup nous nous sommes retrouvés coupés de tous nos réseaux sociaux habituels, de nos boites Gmails, de Google…dont nous sommes à longueur de temps comme drogués…. Dans les rues, aucun occidental à l’horizon. On ressent un isolement terrible avec le monde extérieur. Nous comprenons vite ce que l’expression « Parler en chinois » signifie puisque personne ne parlent anglais. Nous nous retrouvons alors sourds, muets et aveugles et même nos pauvres mimes n’y changent rien. Sans nos moyens de communication nous nous en remettons à notre bon vieux guide, aux traductions approximatives, et à nos croquis dessinés maladroitement mais qui parviennent néanmoins à toujours nous faire comprendre (après de longs moments de solitude et d’incompréhension). Les chinois sourient, prennent toujours le temps de nous aider, sans jamais rechigner, nous invitent à partager leurs repas (souvent très pimentés).

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Il y a quelque chose de profondément humain, bienveillant, improbable et farfelus dans ce que nous voyons. Une douce effervescence où tout le monde se mêlent, se côtoient, échangent, sans barrières d’âge ou de sexe, sans complexe…Une vraie occupation de l’espace public, une vraie vie en extérieur…

En arpentant ces rues (souvent très propres) et au milieu d’un nombre incalculable de scooters électriques (toujours sans casque bien sûr et parfois à 4 dessus) nous nous sommes délectés du spectacle qui se jouait devant nous. Des pratiquants de Kung Fu dans un square, des danseurs improvisés aux chorégraphies improbables dans les parcs, des personnes âgées jouant aux cartes, ou à des jeux de société, des hommes portant le sac à main de leur femme et leur chapeau, des pères de famille jouant avec leurs enfants, des jeunes surlookés mangeant des raviolis en forme de fleurs, des filles blondes se remettant du rouge à lèvres, des caniches ou autre labrador « habillés de pullovers» subissant les embrassades incessantes de leurs maîtres, des flics somnolant une clope au bec, des groupes se jetant en maillots de bain par 5 degrés dans les rivières pour nager, des bars complètement enfumés où nous buvions pour trois fois rien des bières locales en écoutant des concerts de blues ou de rock…

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Nous pourrions encore continuer cette liste pendant des heures, et nous vous en parlerons avec plaisir de vive voix avec un bon verre de vin un de ces jours, mais il est temps pour nous de rouvrir nos paupières et de reprendre l’aventure. Dans quelques jours nous quitterons les frontières de ce pays qui nous a tant étonné et touché, avec une petite larme à l’oeil et probablement beaucoup de nostalgie…

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PS : Ces villes ne nous disaient pas grand chose avant de partir et ne vous diront probablement rien, mais voici ce que nous avons traversé dans l’ordre : Xi’an, Chengdu – Jiuzhaigou – Leishan (Sichuan), Shangri-la (frontière du Tibet), Gorges du tigre – Dali – Kunming (Yunnan), Guilin – Yangshuo,- Xingping – Nanning


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À propos de l'auteur :

Valentin Porcher
Valentin Porcher
Artistic director at OLOW Trademark

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