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ITW – Matthew Wigglesworth, la simplicité dans son état naturellement brut…

Surfeur averti depuis son plus jeune âge mais aussi papa de quatre petits garçons, Matthew Wigglesworth est avant tout un artiste au style épurée et sincère. Il n’en fait jamais trop mais la pureté de son trait reflète une personnalité simple qui préfère très souvent oublier les détails, qu’il décrit comme distrayants. Son histoire personnel l’amène à se concentrer sur l’essence des choses et de son environnement.. Par le biais de son art, l’artiste nous donne une belle leçon de vie qui inspire la quiétude et la sérénité…

 

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Tu aimes beaucoup les sports de glisse et l’art. Lequel des deux est arrivé en premier dans ta vie ?

Plus jeune, j’étais assez timide. Donc quand j’ai commencé à aller à l’école, je pleurais beaucoup et je me sentais souvent débordé. Mes profs ont du prendre pitié car ils m’avaient donné des crayons et du papier pour que je puisse dessiner tranquillement dans mon coin. Ca me calmait et j’adorais ça. Mais mes premiers souvenirs sont aussi de voyager à travers l’Europe avec ma famille. On avait de la famille à Cannes, et on faisait des road trips l’été pour aller les voir. Je passais toujours la plupart du temps dans l’eau, à surfer les vagues sur mon ventre et à m’amuser. J’ai commencé à surfer il y a presque trente ans maintenant, et j’ai tout de suite été attiré par la surf culture ce qui pour moi, englobent l’art également. Donc les deux sont venus en même temps, deux passions et deux parties de moi depuis l’enfance.

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Tu t’inspires de personnes réelles pour créer tes dessins ou ces personnages sont totalement fictifs ?

Les deux. Je suis inspiré par plein de trucs et d’endroits différents. Je collectionne des images qui m’inspirent sur un blog. Mes planches de surf et surfeurs préférés, des styles, des couleurs en rapport avec la surf culture. Donc je les utilise comme inspiration. Je surf et je voyage aussi autant que je peux. Dans ces endroits, je suis constamment à la recherche d’une scène de surf qui m’inspire et qui résonne avec la culture qui m’inspire aussi. Soit de l’expérience elle-même ou d’une photo que j’ai prise ou un croquis que j’ai dessiné, comme l’illustration « Happy Sebastian ».  Je surfais au Pays Basque en 2015, je venais tout juste de sortir de l’eau quand j’ai vu ce mec qui marchait avec sa single fin, ses cheveux ébouriffés et sa moustache, et il était tellement cool. Alors j’ai vite pris sa photo dont je me suis inspirée pour en faire une toile. Ca se passe comme ça. Je peux rester assis des heures à dessiner jusqu’à ce qu’une image se forme, imaginer des surfeurs, ou regarder une image et voilà, je crée de l’art.

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Je sais que tu as quatre garçons, tu es plutôt un papa poule ou bien de la vielle école ? Tu leur apprends le dessin et le surf ?

J’aime mes garçons, ils sont si différents les uns des autres, et je les soutien dans tous leurs choix positifs. Bien sûr en tant qu’artiste et surfeur j’essaie de les encourager à adopter ce life-style aussi. Je leur achète des habits, du matériel et des trucs en rapport avec le surf, mais je suis flexible. L’été on est tous prêt au line-up ensemble. Mon petit dernier, Noah, qui a 6 ans, reste sur la planche avec moi. Eli, qui en a 8, aime flotter dans l’eau avec ses palmes, on dirait un poisson, je n’arrive jamais à le sortir de l’eau. Kai a 13 ans et me suit avec sa planche, tout comme mon ainé Kalani qui a 15 ans. Kalani surf souvent avec moi et on s’amuse beaucoup ensemble. Il me demande toujours d’aller surfer avec moi au lieu d’aller à l’école. De temps en temps je vais le chercher si les vagues sont mortelles. Souvent, quand  Kai et Kalani rentrent de l’école et voient ma combinaison en train de sécher, ils se mettent à ronchonner « Papa est encore allé surfer »  et à bouder car ils n’ont pas pu venir ! Kai préfère le foot au surf, j’apprends à tolérer ça. Eli est mon artiste. C’est un grand romantique, et c’est le plus créatif des quatre. Il est sans cesse en train de dessiner et a plein de petits calepins. Souvent le soir, quand je regarde dans sa chambre pour vérifier qu’il dort bien, il est là en train de dessiner, gribouiller. J’essaie de les sortir dans la nature, je les pousse à faire du vélo, du surf, du skate et j’en passe. Mais en fin de compte c’est leur choix, leur vibe et pourvu que c’est quelque chose de positif, je suis là pour les accompagner et les soutenir. Je suis un papa poule ! Je ferai tout pour mes garçons.

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Tu travaillais dans la finance auparavant, peux-tu nous expliquer pourquoi tu as tout quitté pour l’illustration ?

C’était un choix difficile vis-à-vis de l’argent. J’étais bien payé dans le monde corporate de la finance, mais le lifestyle était à chier. En fin de compte je n’étais pas à ma place dans ce monde et j’étais malheureux. Je n’aimais pas les conversations, les ambitions, tout me semblait si faux, si superficiel et si mauvais. Je voulais que ma vie ait plus de sens que ça. A l’époque je ne savais pas que je voulais être un artiste, un illustrateur, je savais juste que je ne vivais pas ma vraie vie et que je m’en étais éloigné car c’est la société qui décide et te guide dans cette fausse vision de ce qu’est le succès et ce que ça veut dire. J’ai passé beaucoup de temps, des années même, à rechercher, prier, méditer, essayer de trouver ce que j’aimais vraiment faire. C’était évident, mais parfois tu perds de vue ton côté créatif et la simplicité que peut t’offrir la vie. C’est facile de revenir sur le passé maintenant et voir que le surf et l’art ont toujours fait parti de ma vie, mais tu te perds facilement, tu vois ? Je suis toujours en train de découvrir des trucs, mais ma vie a beaucoup plus de sens maintenant. Je suis plus pauvre, mais plus riche à bien des égards, ce qui est bien plus important. Je suis plus en paix.

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Ça te ferait quoi de croiser quelqu’un qui porte un tee-shirt avec une de tes illustrations dans la rue ?

Je serais grave content ! Je serais timide. Je n’irais pas voir la personne en lui disant « Salut mec, c’est moi qui ait fait ça ! » J’hocherais de la tête avec un gros sourire aux lèvres. Je serais surement super ému.

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Tes dessins ont des lignes très épurées, les couleurs sont douces et beaucoup de sérénité s’en dégage… Sont-ils à l’image de leur créateur ?

Ouais je pense qu’idéalement, ils le sont. J’adore la simplicité dans la vie et dans l’art, en fait dans tout. Je suis très exigeant. Je passe des heures sur les couleurs de mes illustrations jusqu’à ce que je sente qu’elles aient les bonnes vibes. En fait je peux décrire mon art que de cette manière: imagine toi à la plage, et disons que tu vois quelqu’un passer devant toi avec une planche de surf sous le bras. Après l’avoir regardé, tu fermes tes yeux et t’essaies de décrire ce que tu viens de voir. Tu verrais le surfeur et le contour de sa planche, quelques détails et couleurs, mais pas tout. T’oublierais des trucs, plein de détails. Ce qu’il te reste dans ta tête est l’essence de la scène, de ce que t’as vu, du souvenir. C’est ce que je dessine et j’essaie de garder l’ambiance joyeuse, positive et comme tu dis, sereine. Je retire quasiment tout ce qui n’a pas besoin d’être là, qui te distrait de la scène principale de l’illustration, du moment. J’essaie de vivre de la même manière. Etre présent et essayer d’enlever tout ce qui n’a pas besoin d’être là. Je passe beaucoup de temps à faire du yoga et à méditer. J’essaie d’être une personne positive et d’être calme avec les autres et mon environnement. Au bout du compte, j’essaie d’être un reflet de mon art, du monde que je crée et où je veux vivre. Je suis heureux de rester silencieux pendant des jours.

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Tu n’as jamais pensé à déménager dans un endroit ou l’eau serait chaude, le soleil quotidien et les spots meilleurs qu’au Royaume-Uni ?

J’ai surfé partout. Les côtes est et ouest des Etats-Unis, partout en Europe, en Australie and Asie. Chaque jour je rêve d’être là où il fait plus chaud et où l’eau est meilleure. J’adore la France et l’Espagne et j’y vais souvent car ce sont des endroits très nostalgiques pour moi, je pourrais y vivre sans hésiter. J’aimerais y acheter une petite grange et la convertir et construire des planches et faire de l’illustration et réparer un vieux van. Je pourrais carrément vivre en France. Toutefois, ma femme est australienne donc on prévoit de déménager sur la côte Est dans quelques années. On prévoit de voyager à travers l’Europe et les States avant d’y aller, histoire de vivre quelques aventures avec nos garçons. Je veux kiffer la vie et ensuite vivre le restant de mes jours à la mer sous le soleil. Merci, et namaste.

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• Retrouvez l’univers et le travail de Matthew sur son compte Instagram


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À propos de l'auteur :

Marion Bureau
Marion Bureau
Chargée de communication chez OLOW

Site web : www.instagram.com/onctuositey/