Chapitre premier : Bali, Java, Lombok, Gili. Du grandiose, de la magie et des déconvenues

3 mois. 3 mois à voyager d’île en île. 3 mois sans écrire.

Lorsque les voyageurs que l’on rencontre nous demandent pourquoi autant de temps, nous répondons que l’on aurait pu encore y rester bien plus encore.

En continuant à se laisser aller, sans réfléchir, sans notion de temps , sans programme… En se gavant encore et encore de cette nature à la fois démesurée et merveilleuse, s’enrichissant au contact de ces peuples aux cultures si passionnantes.

Résumer ce que nous avons vécu dans ce pays aux allures de continent n’est pas chose simple.  Après mures réflexions j’ai choisi de vous raconter notre périple dans l’ordre où nous l’avons vécu ; en espérant que vous ne perdrez pas le fil. 3 articles, 3 chapitres, chacun correspondant à un mois…


Chapitre premier : Bali, Java, Lombok, Gili.

Du grandiose, de la magie et des déconvenues

 

Sud Bali : Une arrivée décevante

De la Birmanie à Kuta (Bali) le changement fait mal à l’arrière train. Alors évidemment ça fait du bien d’être à la plage, de faire un peu de surf, de pouvoir manger dans des restos un peu plus évolués, de se détendre au bord d’une piscine…Mais en passant de la gentillesse du peuple birman et du calme du lac Inle à ça…c’est brutal. Ici il y a trop de bruit, de lumières, de circulation, de monde, de kékés, de ploucs, de gras du bide, de musculation surdimensionnée, de racoleurs, de commerçants désagréables.

Nous louons un deux roues et fuyons rapidement plus au sud. Au marché aux poissons de Jimbaran, nous retrouvons de l’authenticité, et le sourire par la même occasion. On se faufile dans les étals, et  choisi 2 beaux poissons pour presque rien avant de les emmener sur le barbecue à l’extérieur, où le cuisto les badigeonne d’une sauce délicieuse… Dégustation face à la mer sur une table bancale en buvant une noix de coco. Devant nous sur la plage quasi déserte, seuls quelques pêcheurs s’affairent.

 

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Quelques coups d’accélérations au milieu d’une végétation luxuriante. Uluwatu, des belles plages, des vagues parfaites et des singes qui se font un malin plaisir de détrousser les touristes. Le paysage vaut vraiment le détour, mais encore une fois nous sommes déçus par l’ambiance, par notre rapport aux balinais.

 

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A peine le temps de traîner dans le marché vintage de l’agréable Caggu, que nous voilà déjà dans l’avion direction Surabaya sur l’île de Java.

 

Deux claques successives, les volcans de l’est Java

Ca nous fait tout drôle d’être ici. C’est comme si nous avions réellement changé de pays. Il y a des mosquées, des femmes voilées partout. 2 bus pourris, une arnaque évitée et un Bemo du genre épave roulante plus loin et nous posons le pied à Cemoro Lawang. Il fait déjà nuit, ça caille, on enfile un polaire. C’est un petit village de montagne très escarpé exclusivement catholique. Nous observons incrédules des locaux se trimballer avec des couvertures dans la rue, parfois même sur la tête….

Nuit courte, on enfile nos chaussures à 3h du matin, et partons avec nos lampes frontales, suivis par quelques espagnoles pour voir le lever de soleil sur le Bromo. Un peu de dénivelé, ça fait du bien de marcher…L’obscurité relève peu à peu son rideau. Le spectacle est magique.

 

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Assis, nos doudounes sur le dos, nous contemplons le gigantesque volcan fumant apparaître en face de nous. Et voilà que celui de derrière s’y met aussi, et crache un long jet de fumée…Quelle chance de pouvoir voir ça. L’envie de se rapprocher de la bête nous pousse à redescendre, à passer à travers champs. Tiens des choux, tiens des oignons ! Derrière les arbres et les fleurs, toujours le volcan qui nous regarde, qui nous attire.

 

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Nous marchons sur le champ de lave, il y a des nuages énorme de poussière, on y voit plus rien…Des cavaliers emmitouflés passent…L’odeur de souffre est prenante, nous nous couvrons le nez et la bouche. Le grondement devient de plus en plus fort…En haut du cratère, nous sommes hypnotisé pas ce vacarme qui provient du centre de la terre…De l’autre côté un paysage digne du Mordor…C’est effrayant et magnifique à la fois.

 

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Avec 4 allemands bien sympathiques, nous décidons de partager une camionnette pour partir 7h de route plus loin gravir le volcan Ijen. Cette fois ci la nuit sera très courte, le réveil se fera à minuit… L’ascension est simple et la file continue de touristes fait perdre indéniablement de charme à l’instant. Arrivés en haut sur la crête, on observe dans l’obscurité les étranges flammes bleues. Vapeur de souffre, on se protège. L’attente est encore longue, on aurait du partir plus tard. Après avoir grignotés un morceau en guise de petit déjeuner, nous nous réchauffons avec un feu de fortune. Puis vinrent les premières lueurs de jour, et ce spectacle encore une fois presque irréel. Un cratère énorme, en contre bas un lac acide gigantesque, considéré comme le plus grand du monde, et des porteurs de souffre sortants du ventre de la Terre…

 

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Aie ! Ouille ! Quelques heures plus tard, nous voilà avec nos habits sales comme jamais et notre style devenant douteux à l’arrière de 2 ojeks (scooter-taxi) entrain traverser le parc national Baluran. Trajet long avec un soleil qui nous cogne sévèrement sur la tête, à éviter les innombrables nids de poules de cette route partant en lambeaux. Sur la plage, des locaux venus passer l’après midi et des dizaines de macaques très agressifs. Le soir, nous sommes les seuls à dormir dans un bungalow. Personne sur plusieurs kilomètres à la ronde. Personne à part le gardien, nous, et la colonie de singes décérébrés et bagarreurs. Notre nouvelle maison semble inutilisée depuis une trentaine d’années et probablement n’a jamais été nettoyée…On dirait une cabane à l’abandon ou alors probablement la baraque de l’énorme araignée qui se déplace sur le plafond. N’ayant aucune lumière nous nous forçons à dormir, on ferme les yeux, il est 20h…Dans la nuit quelque chose de tout doux me chatouille la jambe, je me réveille en sursaut et vois deux yeux qui me fixent! Ah tiens bonjour petite souris !

 

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Le lendemain matin, petite marche à travers la forêt et la « savane ».  Sur le chemin, les singes montrent les dents. On s’arme de quelques cailloux. Un peu plus loin, un groupe de biche, un cerf…Nous avançons à pas de loup pour les voir d’un peu plus près. Je pourrais y passer des heures.

Sur le bateau qui nous ramène à Bali, on papote en anglais avec deux étudiantes musulmanes hyper souriantes de Java…et je m’endors sur un banc.

Sable noir et fonds marins exceptionnels ; Nord-Ouest Bali

Le hasard ensuite nous emmène à Pemuteran au nord ouest de Bali…Et comme on dit parfois il fait bien les choses. Nous tombons sur la merveilleuse guesthouse de la sympathique Putu. On s’y sent tellement bien qu’on décide d’y rester plusieurs jours au calme. A squatter la plage de sable noir quasi déserte et partir en excursion snorkeling avec l’agence de son mari sur l’île en face…Masque et tuba: Ok, palmes : Ok… La tête à peine mise sous l’eau, nous la ressortons presque aussitôt ! Des étoiles dans les yeux, un sourire aux lèvres, nous nous regardons sans parler…Jamais de notre vie nous avons vu quelque chose d’aussi beau.

 

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Des coraux de toutes les formes, de toutes les tailles et de toutes les couleurs. Comme un jardin, surréaliste, un eden aquatique où vivent des milliers de poissons colorés. Et puis il y a ce gouffre gigantesque. Un vertige. L’impression de se jeter d’une falaise, de voler…

On casse la croûte au bord de l’eau, quand surgissent de nulle part quatre cerfs et une biche, qui restent plantés là juste à côté de nous. Je savoure ce moment, jamais je n’aurais cru me retrouver dans une situation comme celle ci.


Le charme et le dépaysement du centre Bali

Ciao la plage ! Bonjour les terres ! Munduk, petit trek dans la jungle, 2 belles et grandes cascades, du cacao, du café et des gens adorables.

 

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La route ensuite jusqu’à Ubud nous apparaît comme dans un rêve, entre des lacs somptueux et les rizières de Jatiluwih, probablement les plus belles depuis le début de notre voyage.

 

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A destination, nous logeons dans un temple familial… Mis à part les coqs que l’on a souvent eu envie d’étrangler au petit matin, on se dit encore que c’est fou d’avoir séjourné dans un endroit pareil. Quelques jours de bons petits plats, de boutiques tendances, de musées, de randos et de balades en scooter.

 

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Un jour, une marche interminable sous une chaleur écrasante, une cérémonie hindouiste dans la jungle, un serpent caché dans l’herbe qui créé un mouvement de panique et surtout beaucoup de rires. Nous ressentons au plus profond de nous même toute la spiritualité et la beauté de ce peuple…Aucun touriste à l’horizon, nous nous sentons immensément privilégiés d’assister à tout ça. Alors on se fait tout petit, et on ouvre bien grand nos yeux et nos oreilles.

 

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Opération Visa à Lombok

Presque déjà un mois d’écoulé, il faut faire la demande d’extension pour notre visa. On la fera à Lombok, ça sera une occasion de découvrir un peu cette île.

Mataram, des mosquées à perte de vue. Nous visitons celle en face du centre d’immigration. Elle est immense et a des couleurs de gâteau à la crème. Il y a des centaines de chaussures et de savates au pied des marches. Cécile se couvre, et deux hommes sympathiques nous font la visite, heureux et fiers de faire découvrir le lieu à des occidentaux. Tout en haut dans la tour nous sommes pris en guet appens par des enfants survoltés de l’école musulmane…Tout le monde sans exception veut faire une photo avec nous. Certains miment le nez de Cécile, jamais ils en ont vu un de cette forme, un peu long avec une petite bosse dessus.

 

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Presque une semaine d’attente pour obtenir nos tampons…Sur la plage de Kuta (oui il y a un patelin qui s’appelle comme ça aussi à Lombok) il y a des enfants qui jouent, des femmes voilées, d’autres qui vendent de superbes sarungs, des hommes souriants. L’ambiance est détendue et bon enfant. Le paysage est superbe, et nous assistons à une marée montante avec un jeu d’ombres et lumière fascinant. Dans le petit resto où nous mangeons, j’offre un soir une de mes chemises Olow à un jeune serveur pour le remercier d’être si gentil. Il a presque les larmes aux yeux, et moi je suis heureux. Au petit matin nous faisons du Yoga, c’est calme et reposant, la vue est magnifique.

 

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Et puis ce petit paradis tombe à la même allure que commencent nos galères… Les plages sont probablement les plus belles que nous ayons vus, mais jonchées de déchets. La vue de cette couche épaisse de pastique sur le sable me fait mal au cœur, me prendre des sacs en pleine tête quand je me baigne m’irrite… Des chiens errants courent partout, se battent, parfois par meutes d’une vingtaine, leurs gueules à moitié en sang. Impossible de trouver vraiment le repos, même à la guesthouse. C’est le début du ramadan et non avons eu la bonne idée de loger à deux pas d’une des mosquées. Tous les jours nous sommes réveillés à minuit, puis à 4h du matin par les appels à la prière prononcées derrière le micro. L’énorme rat caché dans le plafond lui s’en donne à cœur joie et court à pas lourds. On dirait presque un chien là haut. Pour finir en apothéose. Un jour en rentrant de la plage en scooter par un chemin magnifique, deux mecs dans une descente (également en scooter) vont essayer par derrière de nous tirer notre sac de plage…sans succès mais bon…Ca réveillera notre méfiance, et modifiera notre rapport aux locaux. Le lendemain cerise sur le gâteau, sur cette même descente, le sort joua encore contre nous. Un énorme camion, mes mains à fond sur les freins, du sable et me voici par terre, par chance avec seulement quelques égratignures.

 

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Détente sur Gili-Air

Épuisés par cette semaine, nous repartons à Mataram, récupérons nos passeports et filons prendre le bateau pour l’île de Gili Air juste à côté.

Il y a des restaurants partout et pas mal de touristes mais l’ambiance est assez peace and love…Genre reggae, locaux à grosses touffes et yukulele. Un bungalow tranquille, un gecko qui s’amuse quand on est pas là à déféquer sur notre lit, quelques énormes varans qui se baladent, un plouf dans la piscine, du snorkeling avec plein de tortues et deux billets achetés pour une croisière de 4 jours/3 nuits sur un petit bateau jusqu’à l’île de Florès à presque 400 kilomètres de là.

Ah non j’oubliais, la petite anecdote pour finir ce chapitre : Sortie en mer snorkeling, je suis le dernier à l’eau pas loin de l’échelle, et là une fille sur le bateau  trop le mal de mer….Et vomit, vomit, et s’excuse, et revomit…Il y a du courant, je n’ai déjà plus mes palmes, mais ne veut pas me rapprocher de l’échelle…Je me retrouve entouré d’une immense marre de vomi, flottant à la surface de l’eau.

Valentin Porcher & Cécile Chétif

 


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À propos de l'auteur :

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Assistante communication chez Olow

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